L'historique du club Vitesse Arnhem

L'histoire du club remonte jusqu'à 1892, où l'on vit la naissance d'un club de cricket appelé Vitesse. Peu après sa création, le club s'accroît vite et ouvre une division de football et d'athlétique. Les footballeurs amateurs et professionnels se côtoyèrent jusqu'au milieu des années 80.

Karel Aalbers

Karel Aalbers En 1984 le club était à deux doigts de la faillite. Un homme se leva et refusa la débâcle : Karel Aalbers et quelques fidèles formèrent un nouveau directoire. Les divisions amateurs et professionnels furent séparées en 1985. Les professionnels continuèrent désormais sous le nom de Stichting Betaald Voetbal Vitesse et les amateurs sous celui de Vereniging A.V.C. Vitesse 1892. Vitesse a toujours été présent au plus haut niveau du football néerlandais depuis la création en 1954 des deux divisions professionnelles des Pays-Bas. En 1970-1971 Vitesse fit son apparition en première division. Cette aventure ne dura hélas qu'une saison, mais le club fut de nouveau promu en 1976-1977, et ce pour trois saisons. En 1989, le club retrouva définitivement sa place en 1ère division.

Depuis la mise en place de la nouvelle structure en 1985, la nomination de la nouvelle direction et le lancement de la politique de turn-around-management (une opération de sauvetage pour Vitesse, face à la faillite menaçante) le club était un exemple de continuité. Jusqu'en février 2000 Karel Aalbers resta le président du club, assisté par d'autres membres de la direction de première heure. Peu après sa mise en fonction la nouvelle direction de Vitesse comprit bien vite que l'ancien stade Nieuw-Monnikenhuize ne correspondait pas aux aspirations du club. Le succès sportif est bien sur important, mais pas seulement cela. La nouvelle politique du club était de faire de Vitesse un vrai pôle d'attraction régional. " Vitesse, c'est à nous tous " devint le nouveau slogan. De plus en plus de personnes se sentirent concernées par Vitesse, un club qui devint partie intégrale de la vie d'un nombre croissant de supporters.

le Gelredome Un nouveau stade, ultra moderne, devait pouvoir catalyser cette passion croissante pour le club. Les premiers plans pour ce nouveau stade, moderne, multi fonctionnel, propre, chaleureux et surtout sûr virent le jour en 1989. Ce n'est pourtant que le 25 mars 1998 que le Gelredome devint le fruit palpable des aspirations nationales et Européennes du club d'Arnhem.

Stadion Gelredome La croissance du club s'est faite aussi sentir au niveau du recrutement de personnel, dont le nombre ne cessa d'augmenter lors des dernières années. Au 1er juillet 1999, Vitesse avait un effectif de 42 joueurs sous contrat et de 69 collaborateurs à plein-temps (y compris les équipes techniques et médicales). Les jours de match environ 300 personnes sont nécessaires pour le bon fonctionnement du stade. Depuis début 2000 et surtout en 2001 le nombre de joueurs, collaborateurs et bénévoles a quelque peu diminué.

La chute de Karel Aalbers et le neo-realisme

Le monde du football Néerlandais fut choqué début 2000 par la nouvelle du limogeage de Karel Aalbers. Selon la version officielle, vivement contestée par Karel Aalbers et ses sympathisants, ce limogeage aurait été la conséquence logique d'une politique financière trop optimiste et de trop de " créativité " au niveau fiscal. Pour Karel Aalbers et les siens, il s'agirait plutôt d'une campagne de diffamation menée par le directeur de Nuon, ancien sponsor de Vitesse, et les 3 nouveaux hommes forts de Vitesse. L'avenir nous dira exactement ce qu'il en fut. Le départ forcé du président mit fin à la continuité d'une politique à long terme et inaugura une nouvelle vision de réalisme financier à court terme. Fin 2001 le conflit entre l'ancien président limogé d'un côté, ses successeurs et le directeur de Nuon, l'ancien sponsor, en arrive à sa phase finale. Entre-temps, Vitesse passe une période difficile, entre deux camps déchirant l'unité que connaissait le club depuis 15 ans. Les supporters sont divisés, l'élan et le rayonnement du club sont en baisse, les résultats sportifs et financiers sont fragiles. Reste cependant l'espoir d'une solution proche et l'amour inconditionnel des supporters pour leur club.

Le budget de Vitesse

Après une augmentation substantielle durant les 15 dernières années, le budget actuel de Vitesse est basé sur une nouvelle politique, dite plus 'réaliste'. En 1985 (première année budgétaire de la nouvelle structure de gestion (turn-around-management), le budget était 60 fois moindre que celui de la saison 2000-2001. Mais sans remonter si loin dans le temps: en 1995-1996 le budget atteignait les 4,90 d'euros. Aujourd'hui cette somme est presque multipliée par cinq. En 1998-1999 (la première année budgétaire complète) Vitesse tourna avec un budget de 16,79 millions d'euros. Le budget pour l'année 1999-2000 atteint les 22,69 millions d'euros. Depuis le départ de l'ancien président Aalbers le budget annuel a été drastiquement diminué et tourne actuellement autour de 20 millions d'euros (2001-2002).

Les prestations sportives

La continuité sous la direction de Karel Aalbers se traduisait aussi sur le terrain: depuis leur promotion en 1989 Vitesse a toujours su terminer dans les 5 premiers de la 1ère division. Une exception toutefois en 1994-1995 où Vitesse ne termina que 6ème. En 1997/1998 terminait même 3e du championnat. Ces prestations ont permis à Vitesse de jouer en coupe d'Europe à maintes reprises. Bien que plus irréguliers, les résultats de Vitesse en coupe nationale n'en sont pas moindre. Plusieurs fois éliminés en demi-finale, Vitesse atteint trois fois la finale, hélas sans succès. En 1912 et 1927 ce furent respectivement Haarlem et VUC (La Haye) qui éliminaient Vitesse, en 1990 PSV Eindhoven.

Coupe d'Europe

La première année déjà après sa promotion en première division, Vitesse surprit tout le monde en se qualifiant directement pour la coupe Uefa 1990/1991. Contre les routiniers de Derry City (Irlande du Nord) Vitesse gagnait à l'extérieur (0-1) et faisait match nul (0-0) à domicile. Au deuxième tour Vitesse éliminait les Ecossais de Dundee City après une victoire à domicile (1-0) et un cinglant triomphe en Ecosse (0-4) ! Hélas, le tour suivant, une défaite à domicile (0-2) et à l'extérieur (2-1) contre les Portugais de Sporting Club (Lisabonne) mettait fin aux espoirs de Vitesse.

En 1992/1993 Vitesse, déjà plus expérimentée, faisait grosse impression en coupe de l'Uefa. Au premier tour Vitesse éliminait facilement de nouveau Derry City (Irlande du Nord) grâce à deux victoires, d'abord à Arnhem (3-0) puis à (London)Derry (1-2). La confrontation du deuxième tour contre les 'grands' de KV. Mechelen (Belgique) fut gagnée par Vitesse, deux victoires (1-0 et 0-1) menaient le club d'Arnhem en 8e de finale. Vitesse frôlait alors l'exploit, tenant tête par deux fois aux routiniers du Real Madrid et méritant la victoire. Hélas deux buts malchanceux (0-1 et 1-0) mettaient un terme à leurs aspirations Européennes.

En 1993/1994 Vitesse fut éliminée au premier tour par les Anglais de Norwich City (3-0 en Angleterre et 0-0 à Arnhem).

En 1994/1995 la malchance se renouvela. Le tirage au sort opposait Vitesse au gagnant de la coupe d'Europe 2 en 1992/1993 et finaliste perdant l'année suivante, Parma AC. Ce fut une épopée héroïque, un superbe match à domicile, gagné par Vitesse (1-0) mais une défaite sans gloire à Parme (2-0). Une maigre consolation toutefois pour Vitesse, Parma gagnait cette année là de nouveau la coupe d'Europe après avoir éliminé Vitesse, AIK Solna, Athletic de Bilbao, Odense SK, Bayer 04 Leverkusen et Juventus !

La saison 1997/1998 reste pour Vitesse l'aventure Européenne la plus douloureuse. Au match aller à domicile le score était après 90 minutes de jeu de 2-0 en faveur d'Arnhem contre les Portugais de Braga. Une panne de courant de 10 minutes coupa le rythme des joueurs de Vitesse et affaiblit leur concentration. Les Portugais en profitèrent pour lancer dans les 40 secondes qui'l restait officiellement à jouer une dernière offensive. Dans sa tentative de dégager la balle le plus loin possible du but de l'équipe d'Arnhem, un défenseur de Vitesse frôlait la balle de la main… Penalty ! Le score final de 2-1 pour Vitesse ne fut pas suffisant pour le match retour. Comme à l'aller, le comportement physique des Portugais fut scandaleux. Aussi bien à Arnhem qu'à Braga, Vitesse perdait un de ses joueurs clé. Au match retour, c'est après seulement 30 secondes que le défenseur Jorge exécutait Carlos Fortes, ailier gauche de Vitesse. Grièvement blessé au genou, celui-ci ressent de nos jours toujours les suites de cette attaque barbare. L'arbitre Luxembourgeois ne sut prendre la seule décision qui s'imposait dans ce cas, l'exclusion de Jorge. La suite du match fut parsemée d'actions bien peu sportives de la part des Portugais. Le même Jorge, qui aurait du recevoir le carton rouge, marqua les deux buts de Braga, ce qui rendit la défaite encore plus douloureuse, d'autant plus que l'arbitre refusa d'accorder deux penaltys totalement légitimes aux joueurs d'Arnhem.

La troisième place de Vitesse en fin de saison 1997/1998 lui donna de nouveau droit à une participation en coupe Uefa 1998/1999. Cette fois-ci c'est au nouveau stade Gelredome que Vitesse joua ses matchs à domicile. Invaincus dans leur bastion imprenable, ils battaient magnifiquement les Grecs d'AEK par 3-0 pour aller faire match nul au retour à Athènes, 3-3, dans un match

exceptionnel. Le deuxième tour apporta la première défaite de Vitesse dans son nouveau stade du Gelredome. Les Girondins de Bordeaux y gagnaient par 0-1 (but de Wiltord) après un très beau match. Au retour, ce fut Vitesse qui marquait le premier but, dès la 8e minute (Jochemsen). Une minute plus tard hélas Micoud égalisait et à la 66e minute Wiltord mettait fin aux espoirs de Vitesse.

 

En 1999/2000 Vitesse n'arriva pas à convaincre après un difficile 1-2 à l'extérieur contre les Portugais de Beira Mar et un décevant match nul à domicile (0-0). Au deuxième tour, Racing Club de Lens gagnait à domicile par 4-1 et faisait match nul (1-1) à Arnhem.

En 2000/2001, Vitesse battait facilement les Israéliens de Maccabi Haïfa à Arnhem par 3-0. Malgré une défaite de 2-1 en Israël, Vitesse se qualifiait pour le deuxième tour. Contre la fameuse équipe d'Internazionale Milano (Inter Milan) Vitesse frôlait de nouveau la sensation : à l'aller 0-0 à Milan, au retour 1-1 au Gelredome. Hélas ce dernier but des Italiens, 10 minutes avant la fin du match, compta double, car marqué à l'extérieur. La grande Inter Milan s'échappait de justesse…

Vitesse et son Académie de football

Vitesse se rend bien compte qu'une bonne formation des jeunes footballeurs est de la plus grande importance pour la continuité du football professionnel. L'Académie du football de Vitesse n'est pas pour rien un des points primordiaux de la politique du club. Les conséquences de l'Arrêt Bosman ont poussé Vitesse encore plus vite à professionnaliser sa formation de jeunes, avec la collaboration du Gelders Collège (ex-KGL). En s'assurant de la participation de Joop Brand comme directeur de formation Vitesse veut encore plus professionnaliser et améliorer la formation professionnelle des jeunes joueurs. Pouvoir se maintenir au plus haut niveau et faire débuter au moins deux jeunes talents en première équipe chaque année, telle est la voie essentielle que veut suivre Vitesse. Le club a investi en 1999-2000 quelques 1,82 millions d'euros dans sa formation de jeunes footballeurs.

Les jeunes talents de Vitesse (équipes A, B et C, juniors et minimes) ont la possibilité de suivre une formation scolaire au Gelders Collège. Le niveau de ces études varie d'enseignement technique et professionnel au Bepc et Baccalauréat. L'age de ces jeunes joueurs varie entre 12 et 18 ans. Etudes et entraînement sont parfaitement gérés et combinés. Les jeunes footballeurs de la formation de Vitesse sont répartis sur plusieurs groupes scolaires et sont dispensés de quelques matières.

Chaque élève reçoit un parcours d'éducation individuel qui tient compte des capacités de l'élève et de la fréquence des entraînements. Ce parcours individuel est si flexible que les contrôles et examens scolaires peuvent être répartis dans l'année, et repoussés jusqu'au moment le plus propice. Durant leur formation les jeunes joueurs apprennent aussi à former leur personnalité en insistant entre autres sur la façon de communiquer avec les médias et les supporters. Un cuisinier à plein-temps prépare tous les repas autour des matches et des entraînements. Vitesse collabore aussi étroitement avec le Centre Sportif de Papendal. Enfin, l'Académie de football de Vitesse se sert d'un ramassage scolaire et sportif et transporte les jeunes footballeurs de chez eux jusqu'à l'école et jusqu'au stade, et après les entraînements ou les matchs de nouveau jusque chez eux.

De cette façon les jeunes joueurs à partir de 12 ans peuvent s'entraîner deux fois par jour. Ils sont sous contrôle médical continu (médecin spécialiste du club, kinésithérapeutes et masseurs diplômés). Il y a même une pédicure et un professeur de Néerlandais pour les joueurs étrangers. Une partie des footballeurs qui ont suivi la formation de Vitesse a réussi à se positionner en équipe première, certains même dans les diverses équipes nationales. Ainsi nous avons vu percer en équipe première de Vitesse les dernières années : Roy Makaay (aujourd'hui Deportivo La Coruña), Erwin v.d. Looi, Martijn Kuiper, Huub Loeffen, Theo Janssen, Perter Wisgerhof, Rahamat Mustapha " Riga ", Matthew Amoah et Remco van der Schaaf, Ruud Knol, Emile Mbamba et Jhon van Beukering..

Les résultats sportifs furent de nouveau excellents les dernières années. Toutes les équipes jouèrent au plus haut niveau national, et aussi bien les juniors A que les juniors B sont devenus champions des Pays-Bas. L'année précédente c'était Vitesse C qui avait déjà obtenu cet honneur. Le nouveau complexe d'entraînement qui va se construire à Papendal devrait donner à Vitesse un nouvel élan et une garantie de base pour le futur du club.

25-10-01